Royan : l’association Peta vent debout contre l’arrivée d’un alligator albinos à Planet Exotica – Sud Ouest

Considérant les parcs animaliers comme « des prisons », l’association Peta a répondu ironiquement au parc Planet Exotica, qui cherchait un nom pour son nouvel alligator américain albinos.

Marc Jaeger, le grand du parc à thème Planet Exotica, à Royan, cherchait un nom pour son nouveau pensionnaire, un alligator américain albinos. Une rareté, puisqu’il en serait présenté moins d’une cinquantaine au public à travers le monde, qui enthousiasme cet expert passionné des reptiles. Peta, elle, n’apprécie pas, évidemment. Chargée de campagne pour l’antenne française de cette association défendant les droits « de tous les animaux », Anissa Putois y est allé de sa proposition de nom, dans un courrier qu’elle a adressé au directeur de Planet Exotica.

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« Nous vous proposons de baptiser cet animal Jean-Aymar de la Captivité, répondant à vos critères pour un nom francophone et masculin. » Anissa Putois quitte néanmoins très vite le registre de l’ »humour » pour soumettre à Marc Jaeger une tout autre « demande », formulée à l’impératif : 

Cette proposition (de nom) rappelant que les animaux ne sont pas des attractions s’accompagne d’une demande de notre part : veuillez envoyer les animaux emprisonnés à Planet Exotica dans des sanctuaires accrédités et transformer votre en refuge où les meilleurs des animaux seraient réellement pris en compte »

Sous une serre tropicale 

« Pour les individus sensibles et intelligents que sont les animaux sauvages de votre zoo (…), l’existence est frustrante et déprimante », estime Anissa Putois, arguant de « tout une vie passée dans un espace restreint, sans possibilité d’explorer, de tisser des liens sociaux avec les congénères de leur choix (Planet Exotica héberge une majorité de serpents, NDLR), ni d’exprimer la plupart de leurs comportements naturels ». À noter que la majorité des reptiles présents au public à Planet Exotica se reproduisent et naissent en captivité.

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Recentrant son propos sur l’alligator américain albinos arrivé au parc il y a quelques semaines, acquis auprès d’un zoo espagnol, Anissa Putois souligne le « handicap lourd » que représente l’albinisme : « trouble de la vision, extrême sensibilité au soleil ».

Ces animaux auraient besoin de s’exposer de longues heures au soleil pour réguler leur température, mais risquent de graves brûlures cutanées et oculaires en cas d’exposition aux rayons UV »

Une visite de Planet Exotica rassurera peut-être Anissa Putois, qui découvrira que les crocodiliens y sont présentés sous la serre tropicale, chauffée en permanence et maintenue à une température ambiante de plus de 25°C, sans exposition violente à la lumière naturelle.

Petit, il reste une proie 

La revendication de l’association Peta est en réalité d’ordre plus général. « Les animaux méritent de vivre dans leur habitat naturel, plutôt que d’être troqués d’un zoo à un autre comme des marchandises, emprisonnés dans des conditions inappropriées et exhibés comme des attractions pour vendre des billets. »

Si tous les individus albinos, dans le milieu naturel, ne souffrent pas socialement de leur différence et ne constituent pas systématiquement une proie privilégiée, dans le cas précis d’un alligator, le risque de prédation reste grand. Car avant de susciter la crainte d’autres espèces par ses dents pointues et la force de pression de sa mâchoire, lorsqu’il est encore de taille modeste, un crocodilien a ses prédateurs, lui aussi, serpents ou mêmes grands poissons.

En outre, si, comme l’écrit Anissa Putois au directeur de Planet Exotica, « les alligators albinos ne constituent pas une sous-espèce à protéger », 13 États américains interdisent la chasse des animaux albinos.


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